24h pour imaginer une startup viable à partir de défis à résoudre sur la base de brevets du CNES et de ses partenaires. Montpellier a accueilli ActInSpace, un hackathon international dédié à l’innovation spatiale et l’initiative entrepreneuriale, organisé par le CNES aux côtés de l’Agence spatiale européenne (ESA), en co-organisation locale avec le BIC de Montpellier et Aerospace Valley et des partenaires comme Groundspace, la Fondation Van Allen, le groupe MWSC, et Pépite LR.
L’édition 2026 a réuni près de 80 étudiants répartis en environ 15 équipes, dans une ambiance décontractée, mais studieuse. Ce 30 janvier, dès 14h15, chaque équipe s’est réunie pour cogiter, griffonner et réfléchir ensemble aux idées. Dans la première salle, Bilal, Cyprien, Mathys et Baptiste se rencontrent.
« On ne se connaissait pas avant ce défi, mais on s’est mis d’accord sur le même sujet. Je viens de l’école des Mines de Montpellier, et eux sont en ‘prépa’. C’est aussi l’occasion de faire des rencontres et du réseau », souligne Bilal.
Les nouveaux camarades envisagent de proposer des data centers en orbite. Plus loin, Yves, Maïlys et Théo réfléchissent à une solution pour suppléer les réseaux surchargés en cas de catastrophe naturelle. « Ça aiderait les pompiers par exemple, un réseau pour permettre aux secours, grâce à des antennes déployées, de communiquer quoi qu’il arrive. On a vu lors de l’introduction qu’une personne travaillait sur des antennes (Groundspace, note), on va pouvoir lui demander des conseils », explique Yves.
Un écosystème spatial en pleine structuration
ActInSpace se déroule simultanément dans près de 60 villes, et une trentaine de pays. Depuis la création de cet événement, près de 40 startups ont vu le jour. L’édition 2024 avait réuni 1800 participants, et 410 équipes. « Le principe est de créer une startup viable à partir de brevets spatiaux accessibles librement, en construisant un modèle économique crédible et une solution techniquement réaliste », explique Frédéric Adragna, responsable de Connect by CNES, dispositif d’accompagnement des nouveaux entrants du secteur spatial.
À Montpellier, l’événement trouve un écho particulier dans un territoire en pleine structuration. « Toulouse reste un pôle majeur, mais Montpellier travaille très bien et a toute sa place dans le spatial », souligne le membre du CNES, rappelant la présence d’acteurs comme Groundspace, Telescop ou Wheere, ainsi que le Centre spatial universitaire de Montpellier (CSUM), leader académique des nanosatellites.
« Act In Space est un formidable moteur de création de startups »
Parmi les soutiens locaux, Groundspace, startup montpelliéraine spécialisée dans la surveillance du spectre radiofréquence des satellites, sponsorise l’événement.
« Act In Space nous tient à cœur parce que nous sommes passés par là. C’est un formidable moteur de création de startups et de vocations entrepreneuriales », témoigne Thibault Delorme, chef de projet au sein de la startup qui travaille sur l’espace orbital, de plus en plus saturé.
À l’issue des 24h de travail, chaque équipe pitche son projet. L’équipe qui reçoit le Grand Prix représentera Montpellier lors de la finale nationale, le 1ᵉʳ avril prochain à Bordeaux, pour tenter d’être l’équipe française de la finale internationale… Le 2 avril, toujours à Bordeaux. À gagner : un voyage en Guyane pour assister au lancement d’une fusée et un vol en apesanteur.
Les lauréats de l’édition 2026
Au bout de 24 heures de défi créatif, trois prix ont été décernés :
- Le prix Coup de cœur du pitch est attribué au Projet SCS (Spatial Container Systems). L’équipe, composée de Giovanni Sabatini et Marwan Derhouri (tous deux étudiants en classe préparatoire à Polytech Montpellier), a imaginé le premier standard de conteneur spatial universel.
- Le prix coup de cœur du jury est attribué au projet Nexus&Space. Cette équipe a imaginé une solution de standardisation « Plug & Play » pour les satellites, composée d’étudiants de Polytech Montpellier filière Microélectronique et Automatique -MEA, 1ère année de Cycle Ingénieur : Gibril Sahli, Ethan Huchet, Noëlie Azdad, Aurélien Goumain.
- Enfin, le Grand Prix est remporté par l’équipe Curiosity, derrière le projet Amaltea. La proposition : un module contenant un écosystème complet dans un espace compact afin de recycler les déchets d’un équipage (urine, excréments, CO2) pour les transformer en eau propre, oxygène et nourriture variée aussi longtemps que dure la mission spatiale.
Cette équipe est composée de Patrizia Felicetta Russo, doctorante en Chimie Analytique au IBMM, Marin Vidal, doctorant en Astrophysique au labo LUPM, Camille Libourel, doctorante en cosmologie au labo LUPM, Mady Querillacq (SNEE), étudiant en licence pro Créa & reprise d’entreprise, et Élise Dumas (SNEE), étudiante en communication.




