Logement, crise écologique, enfants déscolarisés, territoires zéro chômeur… La 7e édition des Rencontres Internationales de l’Innovation Sociale (RIIS), organisées par l’Union régionale des Scop (URSCOP), le Scic Occitanie Pyrénées et la Région Occitanie/Pyrénées-Méditerranée, a été centrée sur le thème de l’avenir de l’innovation sociale, le 9 mars à la Cité de l’Économie et des Métiers de Demain (CEMD) à Montpellier.
L’innovation sociale (IS) a-t-elle un avenir ? C’était la question posée et, à l’évidence, la réponse était clairement oui. À l’heure où les enjeux de transitions économiques, sociales, environnementales imposent aux sociétés de se transformer, l’IS irrigue le champ entrepreneurial, en stimulant le développement de l’Économie sociale et solidaire (ESS).
L’exemple français est emblématique. Depuis la Loi relative à l’économie sociale et solidaire du 31 juillet 2014, le nombre d’incubateurs dédiés à l’ESS n’a pas cessé d’augmenter, en atteignant 130, soit autant de structures visant à accompagner les porteurs de projet, créateurs de nouvelles solutions pour répondre à des besoins économiques, sociaux ou environnementaux mal satisfaits ou insatisfaits.
« Nous assistons à la construction d’un champ professionnel pour produire de l’accompagnement, de la caractérisation », observe Delphine Vallade, enseignante-chercheuse à l’Université Paul-Valéry Montpellier-3. Ainsi, pas moins de 540 chargés d’accompagnement épaulent en France les porteurs de projet, contribuant de ce fait à consolider le secteur de l’ESS et à faire rayonner les innovations sociales qu’il génère.
En parallèle, des coopérations territoriales se développent sur tous les territoires. La métropole de Montpellier en fournit une belle illustration. Terre d’accueil de Réalis, la première pépinière régionale dédiée à l’ESS, elle regroupe sur son territoire un écosystème d’accompagnement complet et panoramique, s’appuyant également sur Alter’Incub, autre incubateur au service de l'entrepreneuriat dans le champ de l'innovation sociale. En outre, sur le territoire de la métropole, les collectivités s’impliquent elles aussi, comme le démontre le Territoire Zéro Chômeur de Longue Durée - Montpellier / Grabels, créateur d’emplois qui concourent tous à la transition écologique et à la cohésion sociale.
Autre exemple présenté lors de cette 7e édition des RIIS : Mayotte « où l’ESS est primordiale, sur un territoire qui a 33 % de chômage, et 15 000 enfants déscolarisés. La CRESS de Mayotte est d’ailleurs la plus grande de France », témoigne Hannah Dominique, gérante d’Habit’Âme. Cette structure d’insertion crée aussi de l’emploi en luttant contre la pollution en recyclant les déchets plastiques pour les transformer en matériaux de construction.
L’innovation sociale, un enjeu mondial
Entre retours d’expérience internationaux et initiatives locales, cet événement a montré une fois de plus que les crises sociales peuvent avoir des réponses sous la forme de modèles hybrides à la croisée de la coopération, de l’économie sociale et de l’innovation sur les territoires.
Trois Master Class ont, en outre, permis de partager une vision globale de l’innovation sociale. Les échanges ont réuni des intervenants venus du Québec et d’Espagne qui ont apporté une vision différente de ce qui se pratique en France. Une autre Master Class retraçait, quant à elle, le panorama et les perspectives de l’innovation sociale au niveau européen.
L’innovation sociale est par ailleurs un sujet fort pour la Métropole de Montpellier, qui s’appuie sur des partenaires de l’ESS, tels que la CRESS, l’URSCOP, Crealead, l’AIRDIE, ou encore le Mouvement Impact France, pour renforcer son action en matière d’enjeux environnementaux et sociaux. Le territoire de la Métropole de Montpellier concentre en effet 28.330 emplois salariés dans le domaine de l’ESS, répartis dans 2.148 établissements employeurs. L'ESS, c’est plus de 10 % de l’emploi total du département de l’Hérault, deuxième département d’Occitanie sur le sujet.
