Cap sur le Maroc : des opportunités concrètes pour les entreprises d’Occitanie

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Élus, diplomates et acteurs économiques des deux rives de la Méditerranée se sont réunis pour explorer de nouvelles opportunités de coopération. Une journée placée sous le signe d’une vision partagée du développement économique durable au croisement de plusieurs enjeux stratégiques : transition hydrique et énergétique, agriculture, innovation, numérique et sport.

Le 8 septembre, le Musée Fabre de Montpellier accueillait la deuxième édition de Cap sur le Maroc, un événement à l’initiative de Montpellier Méditerranée Métropole, en partenariat avec AD'OCC, la Région Occitanie, la CCI Hérault, Uni'sons, le Consulat général du Royaume du Maroc à Montpellier et le CNER.

« Au-delà de nos liens d’amitié, nous pouvons travailler ensemble sur des opportunités de développement dans un souci partagé de prospérité économique, de création de richesses et d'emplois. Nous souhaitons que la métropole de Montpellier soit cette grande porte d'entrée pour le royaume du Maroc dans les échanges entre nos deux pays. »Michaël Delafosse, Maire de Montpellier et Président de Montpellier Méditerranée Métropole

« Nos territoires disposent de nombreuses expériences et d'expertises à partager. Nous avons tout intérêt à mettre en relation nos entreprises, nos universités, nos collectivités et nos institutions afin de transformer ces complémentarités en projets concrets de coopération. » Lamiae Bennani, Consule générale du Royaume du Maroc à Montpellier

 

Une proximité historique, de nouvelles opportunités

Inauguré en amont du démarrage du festival Arabesques, l’événement a rappelé la profondeur des liens entre les deux territoires, à la fois culturels, politiques, économiques, universitaires et humains. 

Cette proximité ouvre de nouvelles perspectives économiques dans plusieurs filières d’avenir qui font écho à des priorités partagées : énergies renouvelables, gestion de l’eau, agriculture résiliente, industries culturelles et créatives ou encore numérique.

 

Rabat-Salé-Kénitra et Fès-Meknès : deux régions à suivre

Deux régions se distinguent par leur potentiel. Rabat-Salé-Kénitra, portée notamment par l’automobile et la filière des batteries, combine plus de 1 000 hectares de zones industrielles et le premier pôle académique du pays. 

Fès-Meknès, premier pôle agricole du royaume, bénéficie, elle aussi, d’une forte dynamique d’investissement dans l’industrie, l’énergie, le tourisme et l'agro-industrie. Deux territoires où les entreprises françaises peuvent trouver des opportunités et bénéficier de dispositifs d’accompagnement et d’accueil significatifs.

 

L’eau, enjeu majeur et marché d’avenir

Accentuée par le changement climatique, la raréfaction de la ressource en eau est devenue un enjeu structurel au Maroc. Cette situation a intensifié le développement de solutions innovantes avec notamment la création de 17 usines de dessalement de l’eau de mer. Les technologies de réutilisation des eaux usées (REUT), l’interconnexion entre bassins, avec notamment une autoroute de l’eau de 67 km conçue et réalisée en seulement neuf mois, ainsi que les nombreuses adaptations de l’agriculture constituent autant d’exemples de réalisations emblématiques et de pistes de collaboration.

 

De l’énergie renouvelable à l’hydrogène vert

Avec un mix électrique composé à 46 % d’énergies renouvelables, le Maroc entend renforcer son indépendance énergétique en s’appuyant sur son potentiel solaire et éolien. L’enjeu est désormais de faire émerger autour de cette production de nouvelles filières industrielles, notamment l’hydrogène vert et les carburants de synthèse.

Des coopérations se dessinent déjà. MGH Énergies porte un projet visant à développer deux unités de production de carburants de synthèse, à Dakhla-Oued Ed-Dahab, en partenariat avec l’IRESEN, et en Occitanie, à Laudun-L’Ardoise (Gard), avec l’ambition de produire à terme 70 000 tonnes de kérosène de synthèse par an. Un exemple du potentiel d’un « corridor vert » euro-méditerranéen.

 

2030, un accélérateur pour l’économie 

Autre enjeu abordé lors de cette édition : la Coupe du monde de football 2030, compétition coorganisée par le Maroc, l’Espagne et le Portugal. Au-delà de l’événement sportif, elle constitue un puissant accélérateur pour les infrastructures, les mobilités, le tourisme, l’emploi et l’innovation. L’enjeu sera aussi d’anticiper son « héritage » pour la reconversion des équipements, la montée en compétences, l'insertion des jeunes et la génération de retombées économiques durables. La structuration d’un écosystème sportech et les usages de l’intelligence artificielle dans le sport constituent également des pistes de collaboration.

Une mission économique au Maroc, portée par la Métropole de Montpellier, est envisagée en 2027. Une nouvelle étape pour transformer les complémentarités entre les deux rives en projets concrets et durables.

Photo ©Gilles Lefrancq ©3M